20 mars 2026
Dieu nous a confié le monde et nos frères
Jésus a des amis, Lazare et ses sœurs Marthe et Marie. Des amis chez qui il aime séjourner, Luc en témoigne dans son évangile. Il apprend que son ami Lazare est malade mais ne se déplace pas. Quand il vient, enfin, à Béthanie, il est trop tard, Lazare est mort. Alors nous lisons une réaction unanime de Marthe et Marie: « Seigneur, si tu avais été ici mon frère ne serait pas mort »
Les voisins et amis eux aussi s’interrogent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Voilà bien une réaction qui ne nous est pas étrangère. Combien de fois nous est-il arrivé de penser ou de dire : « mais que fait Dieu ? Pourquoi n’intervient-il pas ? » que ce soit pour des difficultés, des souffrances, des injustices, nous touchant nous même ou nos proches. Mais aussi par rapport à ce que nous voyons dans le monde : guerre, famine, misère, épidémie, catastrophe naturelle.
« Que fait Dieu ? » et pour certain le questionnement va plus loin et les amène même à penser que sa non intervention serait une preuve de sa non existence.
Depuis le commencement Dieu nous a dit et redit qu’il nous confiait la terre et nos frères, et qu’il comptait sur nous pour faire avancer la justice, la paix et l’amour. "Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la." Gn 1, souvenons nous des béatitudes et de la parabole du jugement dernier : « J’avais faim vous m’avez donné à manger, j’avais soif vous m’avez donné à boire, j’étais nu vous m’avez habillé…. »
Dieu nous a confié le monde et nos frères, Jésus nous a donné le projet de Dieu à construire. Avec lui, avec l’aide et la force de son Esprit, mettons nous au travail, laissons nous emporté par son amour pour tout homme.
Mais St Jean nous dit aussi que Dieu n’est pas insensible à ce qui nous arrive. Il insiste sur le fait que Jésus est touché par la mort de son ami Lazare :
« Jésus en son esprit fut saisi d’émotion, il fut bouleversé… il se mit à pleurer….»
Jésus est humain, profondément humain et il souffre de la mort de son ami, mais il nous dit aussi que Dieu souffre de nos souffrances, qu’il n’est pas indifférent à ce qui nous touche. Nous pouvons donc nous tourner vers lui, nous confier à lui et l’appeler à l’aide dans la prière. Mais, si nous voulons êtres ses disciples, nous ne pouvons pas non plus rester indifférents à la souffrance des autres, autour de nous et à travers le monde.
Enfin Jésus demande à ce que l’on roule la pierre du tombeau « Enlevez la pierre ». Marthe réagit « Seigneur, il sent déjà, c’est le quatrième jour qu’il est là. »
A nous aussi Jésus demande d’enlever la pierre, celle qui pèse sur les populations les plus pauvres de la planète, pierre de l’injustice, de la violence, de la faim, de la misère, de la guerre… Et comme Marthe nous nous disons que c’est impossible. « Que puis-je faire ? » Face à l’ampleur de la tache nous risquons de baisser les bras. « Que peut représenter mon obole de quelques dizaines d’euros face aux besoins de ces populations ? » Et pourtant c’est avec toutes ces petites pierres que Dieu veut construire son royaume, Dieu croit que notre participation aussi modeste soit-elle participe à un mieux pour l’humanité. Souvenons-nous des piécettes mises par la vieille femme au trésor du temple et dont Jésus dit qu’elle a donné plus que tout le monde puisqu’elle a donné de son nécessaire.
En ce dimanche du CCFD, organisme dont c’est doté l’Eglise pour vivre cette solidarité avec les populations les plus pauvres de notre planète, nous sommes invité à donner notre participation de carême à cet effort de partage et de solidarité. Que notre don ne soit pas simplement symbolique mais qu’il nous engage vraiment en donnant plus que ce qui est pour nous le superflu.
Écrit par
Jean-Luc Barrié

