10 févr. 2026
Que votre lumière brille devant les hommes
« Vous êtes la lumière du monde… l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes …»
Matthieu 5:15
Je crois que ce serait une erreur que de penser que Jésus nous invite à entrer dans l’esprit de notre monde moderne où n’existe et n’a de valeur que ce qui est médiatisé, visible, qui fait du bruit. Jésus n’a pas ici un projet de visibilité, de publicité ou de notoriété. Ce qui me fait dire cela c’est qu’à son époque l’électricité n’existe pas et que la lumière qui brille pour tous ceux qui sont dans la maison c’est la lueur d’une lampe à huile, une petite flamme fragile et vacillante, qui n’a rien d’éblouissante et qui ne s’impose pas. Jésus nous invite à être lumière pour nos frères et sœurs à la manière de la flamme d’une lampe à huile.
Les membres du service évangélique des malades, les visiteurs et aumôniers d’hôpitaux, les professionnels médicaux, les familles de malades, savent bien qu’un malade, une personne âgée, ou en fin de vie, n’attend pas de discours brillants et lumineux mais bien une présence discrète, tendre, attentionnée, un sourire, une main qui rassure, un mot qui réconforte. Etre lumière auprès d’eux, être porteur de la lumière qu’est le Christ Jésus pour eux, passe par cette humble présence.
L’image du sel que nous offre Jésus dans ce même évangile, me semble confirmer ce que nous apprend la flamme de la lampe à huile. En effet le sel bien dosé dans un plat met en valeur les aliments, il relève le goût, donne du goût, mais quand il est en surabondance il rend la plat immangeable.
Je crois qu’il en va de même pour tout la mission qui nous est confiée, que ce soit en catéchèse, en aumônerie de collège et lycée, dans les préparations des jeunes couples à leur mariage ou au baptême de leur enfant…, nous devons faire très attention de ne pas les éblouir d’un discours imbuvable, ne pas leur servir un plat tellement salé qu’ils ne pourront le déguster, ou a les gaver jusqu’en ce qu’ils en aient la nausée.
Je crois que l’Evangélisation consiste surtout et avant tout à donner goût à la rencontre du Seigneur, à baliser le chemin de quelques petites lampes à huile et offrir un met salé juste ce qu’il faut pour qu’on ait envie d’y revenir.
Il est aussi un autre aspect que nous révèlent les membres du Service Evangélique des Malades. Quand nous faisons une relecture avec eux de leur mission ils expriment toujours combien les malades et personnes âgées visitées leur apportent plus de lumière et de goût que eux même peuvent leur en donner. Ils nous disent combien ces rencontres leur apportent de joie et de paix. Ils nous apprennent donc que pour être lumière du monde et sel de la terre, il nous faut aussi savoir accueillir la lumière et le sel de la vie que nous offrent nos frères et sœurs. S’avoir l’accueillir et nous en réjouir sans oublier d’en rendre grâce à Dieu lui qui est source de toute lumière.
Pour être lumière et sel il nous faut puiser à la source qui est pour nous le Seigneur Jésus Christ. Puiser par la prière, la méditation de sa Parole et les sacrements. Nous ne pourrons donner que ce qu’il aura mis lui-même en nos cœurs.
Demandons à notre Seigneur de nous apprendre à être lumière et sel pour nous frères et sœurs, de l’être à sa manière, dans la tendresse d’un petit enfant couché dans la paille, d’un artisan menuisier à Nazareth, d’un crucifié qui donne sa vie pour nous sauver.
Écrit par Jean-Luc Barrié

