9 janv. 2026
Un modèle pour notre témoignage chrétien
«C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi !»
Matthieu 3:14
A Noël nous fêtions la venue de notre Dieu en notre humanité. Dieu vient à notre rencontre en se faisant l’un de nous, en se faisant petit enfant. Dimanche dernier nous avons vu les mages qui cherchent un roi si important que même les astres ont annoncé sa venue, et ils le découvrent en la personne d’un bébé couché dans une étable. Aujourd’hui, trente ans plus tard, Jésus vient à la rencontre de Jean pour recevoir le baptême. Jean s’y refuse « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! ». Logique ! Jean offre à ses contemporains un baptême de conversion qui les invite à rejeter le mal et faire le bien, à changer de vie, à renoncer au péché pour accueillir le Messie qui doit venir. Mais Jésus n’a pas besoin d’un tel baptême, il est pur de tout péché et il a encore moins besoin de se préparer à sa propre venue. Jean-Baptiste a raison mais Jésus veut s’abaisser jusque là pour nous rejoindre dans notre état de pécheurs. L’humilité de Dieu se révèle au Jourdain comme à Bethleem, il se fait l’un de nous jusque dans notre misère intérieure pour nous rencontrer et s’adresser à nous. Et Jésus continuera dans le sens. Ses enseignements sont simples, compréhensibles de tous, pas de mots compliqués, de phrases savantes, mais des paraboles, des images de la vie de tous les jours, des phrases faciles à mémoriser : « Aimez vous les uns les autres, comme je vous ais aimé…. Heureux les doux… les artisans de paix… les affamés de justice… heureux les pauvres de cœurs…. » Enfin, cette humilité de Dieu incarnée en Jésus se manifestera de manière incroyable dans sa vie donnée sur la croix, un instrument de mort réservé aux esclaves et aux parias.
Dieu qui vient à notre rencontre pour se révéler à nous et nous sauver le fait dans une très grande humilité, une incommensurable humilité.
Je crois que c’est pour nous une leçon, un exemple. Par notre propre baptême, nous avons tous la mission d’annoncer l’Evangile, de témoigner de notre foi autour de nous. Mais je crois que Dieu nous dit que nous ne pouvons vivre cette mission qu’en nous inspirant de sa propre attitude c'est-à-dire avec une grande humilité.
Notre manière de parler de Dieu, de témoigner de notre foi, doit toujours être empreinte d’humilité. Nous pouvons être fiers de notre foi mais nous devons nous garder de tout orgueil à son propos. Notre témoignage, s’il veut parler à nos contemporains, doit respecter son interlocuteur, nous ne pouvons nous situer en surplomb à cause de notre foi mais comme Dieu en Jésus nous faire petit auprès des petits, faibles auprès des faibles, fragiles auprès des fragiles… Mettre en œuvre au quotidien ce que le prophète Isaïe dit du Messie dans la première lecture « Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit… » Ne pas éteindre ce que le Seigneur a déjà fait germer dans le cœur de nos frères et sœurs comme désir de sa rencontre, comme premiers pas à sa suite.
Nous situer en frères et sœurs, nous même pécheurs, ne vivant qu’imparfaitement notre vie de chrétiens, osant dire notre attachement au Seigneur, notre joie de le suivre, sans jamais nous en sentir supérieurs, sans vouloir imposer à l’autre notre façon de voir et de prier, sans qu’il puisse sentir de notre part quelque sentiment de supériorité, voilà bien ce qui pourra aider nos contemporains à découvrir la joie d’être disciples de Jésus.
Alors nous pourrons entendre nous aussi Dieu dire de nous « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. »
Écrit par Jean-Luc Barrié

